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vendredi 24 octobre 2008

Hommage : Boby Lapointe

Nouvel Hommage que je souhaite faire aujourd'hui à Boby Lapointe. Mes lecteurs les plus jeunes ne connaissent très probablement pas Boby Lapointe, et même ceux qui ont mon âge, ou quelques années de plus n'ont pas entendu parler de lui.

Bobby Lapointe (1922,1972) est un chanteur français qui a percé grâce à sa courte apparition dans le film de François Truffaud, Tirez sur le pianiste, en 1960. A cette époque il chante dans quelques bars et cabarets parisiens, et suite au film enregistre deux disques qui connaitront un franc succès.

Amateur de jeux de mots laids pour les gens bêtes (à prononcer à voix haute), les chansons de Boby Lapointe comportent de nombreux calembours et contrepèteries, et j'en redécouvre parfois certains encore aujourd'hui. S'il ne devait y en avoir qu'une, écoutez l'Aubade à Lydie en Do. Mais une fois commencé, soyez sur d'écouter aussi Ta Katie t'a quitter, Le Troubadour ou Framboise !. Son accent de Pezenas (Hérault) ne manque pas d'ajouter au côté jovial du personnage.

Enfin, peut avant sa mort (en 1968), Boby Lapointe inventa le langage bibi-binaire, une version poétique de la numération hexadécimale. Chaque nombre en base seize est remplacé par une syllabe, 0 devient HO, 1 devient HA, 2 devient HE et ainsi de suite. On peut alors dire KADO plus KOKA égalent HAHEBA(156 + 137 = 293). Pour ceux que cela intéressent, c'est par là.

Pour les intéressés, je vous invite grandement à aller faire un tour sur Deezer, où il vous enchantera l'oreille. De cheval.

Ceci est une guitare...
Je ne joue pas de la guitare classique, je ne joue pas du Flamenco, je joue de la guitare sommaire! Je suis professeur de guitare sommaire : je ne suis pas ici pour vous distraire, mais pour instruire.
Maintenant, s'il y en a que ça amuse de rire, je peux aussi distraire, je peux instruire en "distraisant"... treize ans et demi maximum, après je prends ma retraite.

Petit cours de guitare sommaire.
Une guitare est un instrument en forme de guitare qui comporte six cordes. Si l'on partage la guitare en deux par le milieu (ce qui n'est pas à conseiller), on obtient deux moitiés de guitare. Et 3 cordes d'un côté, 3 cordes de l'autre.
Ces 3 cordes du haut s'appellent par conséquent les basses. En guitare "classique" ! En guitare "sommaire" on ne les appelle pas: on les ignore ! La grosse difficulté de la guitare sommaire est d'éviter de toucher à ces cordes du haut qu'on appelle "les basses."
Pour ce: ne tripotons pas la guitare avec tous les doigts. Servons nous uniquement du pouce. Comme son nom l'indique "Pouce" ça ne compte pas, "pouce", c'est pour rire : Ha ha! Ha ha! Assez ri: première leçon.

Les deux accords.
En guitare sommaire, nous avons deux accords. C'est beaucoup, ce n'est pas trop. Pour effectuer ces deux accords, nous avons une main gauche avec un pouce (qui ne compte pas... ha ha!) et un index. Avec l'index, nous viendrons appuyer sur les cordes à proximité (c'est-à-dire pas trop loin), soit sur cette corde-ci (que nous appellerons la corde "si"), soit sur cette corde-là que nous appellerons donc la corde "mi".
Et nous obtiendrons les deux accords suivants: bling et blang.
C'est très facile: bling (c'est facile mais il ne faut pas toucher la corde à côté...). Bling... et blang... (comme j'ai montré tout à l'heure).

Exercice pour la prochaine fois. Sur un cahier propre: dix lignes de "bling" dix lignes de "blang".

Boby Lapointe

vendredi 26 septembre 2008

Hommage : Robert Lamoureux

Il y a quelques artistes, en dehors des artistes numériques dont je parles régulièrement ici, qui sont parfois méconnus du public, mais que j'aime beaucoup. Voici donc une nouvelle catégorie pour faire découvrir ces articles qui comptent pour moi.

Et on commence avec Robert Lamoureux, un poète, humoriste, acteur et chanteur de génie. Quiconque l'a déjà entendu se souviens de sa voix à nulle autre pareil. Comique à l'humour simple, inventant des situations farfelues dans un univers de famille française modeste, vivant à quatre dans un appartement : "Papa, Maman, la Bonne et moi" (titre d'une de ses chansons les plus connues). D'ailleurs, un film homonyme, sera tourné en 1954, avec Robert Lamoureux dans son propre rôle, et un acteur peu connu à l'époque : Louis de Funès.

Ses poèmes et chansons, tantôt mélancoliques, tantôt humoristiques, sont de véritables perles. Il a également écrit des pièces de théâtre (je n'ai pas encore eu l'occasion de les lires, mais j'en imagine le plus grand bien), et réalisé quelques films (dont la série de La Septième Compagnie).

Pour les curieux, un bon nombre de ses poèmes, sketchs et chansons sont disponibles sur Deezer. Et pour finir, je laisse la parole à Robert lui même :

La plupart du temps
Quand on aime et qu’on a vingt ans
Ce n’est jamais pour de l’argent
Les jeunes filles se disent … en rêvant
Ça m’est égal qu’il ait de l’argent
Ce que je veux seulement, c’est qu’il soit grand
Qu'il ait un sourire éclatant
Un nez une bouche des yeux des dents,
Et puis … le reste … évidemment
Mais enfin la plupart du temps
Quand on s'aime et qu’on a vingt ans
Ça n’est jamais pour de l’argent

La plupart du temps
Quand on s' aime vers les trente-huit ans
Ce n’est pas toujours pour de l’argent
Mais … on y pense évidemment
On pense à l’avenir, aux enfants
A la voiture , à l'habillement,
Aux sorties, aux bons restaurants,
Avec Madame… avec … ou sans
Mais enfin, la plupart du temps
Quand on s' aime vers les trente-huit ans
Ce n’est pas toujours pour de l’argent

La plupart du temps
Quand on s'aime vers cinquante-sept ans
Ce n’est pas forcément pour de l’argent
Mais … on s’renseigne un peu avant.
Vous avez un appartement ? non ? …
Avec des draps? Des p'tits, des grands?
Un peu de vaisselle en argent
Avec ce qu'il faut pour mettre dedans?
Et votre vieil oncle… il va … comment ?
Mais enfin, la plupart du temps
Quand on s’aime vers cinquante-sept ans
Ce n’est pas forcément pour de l’argent

La plupart du temps
Quand on aime vers soixante-seize ans
Ce n’est plus pour de l’argent
Pourvu qu’on puisse de temps en temps
S’offrir un p’tit divertissement,
Ben, mon Dieu, c’est bien suffisant
Et d’ailleurs, c’est ça qui est tordant
Quand on aime et qu’on a quatre-vingts ans
C’est tout à fait comme à vingt ans
Ce n'est jamais... pour bien longtemps.

Robert Lamoureux